programme 2019

Une programmation de cinéma est un biotope

Il faut comprendre une programmation comme les botanistes envisagent une forêt : un ensemble construit d’arbres et de films, individuels mais en réseau, qui se répondent, ont des liens, un système racinaire commun, une actualité et des préoccupations qui sont leurs racines communes.

Le premier réseau, c’est le réseau local, fondamental pour Ciné+, dont les projets, et notamment Cinédélices, ne s’inscrivent pas dans la vacance estivale mais dans la vie ouvrée des Lotois. À différents niveaux, c’est s’ouvrir aux autres associations : sur l’édition 2019 de Cinédélices, c’est notamment la coopération avec Cahors Mundi du fait qu’un « réseau de réalisateurs » – Suleiman, Diop, Sendijarevic – interroge la question de la mondialisation au moment-même où l’on fête les 70 ans de la célèbre charte pacifiste. Globalement, c’est dialoguer avec ce qui se passe à Cahors : programmer ainsi un film sur un danseur, Cunningham, en écho à l’engouement créé par « Les Traces contemporaines » ; ou interroger avec les films de Bruno Dumont, Jeanne, et de Sarah Suco, Les Éblouis – des films de résistance, comme Bacurau – le positionnement équivoque du fait religieux et du fait spirituel, qui, il y a 900 ans, engagèrent la communauté à ériger notre cathédrale. Voilà aussi pourquoi nous essayons d’ouvrir petit à petit l’écran à des créations locales, notamment par le biais de courts-métrages : Le Carnaval des songes, de Maryse Vaugarny, Truf'Fête le Lot, réalisé par les ateliers de Kinomad, Area 51, animation réalisée par les élèves du collège de Castelnau-Montratier – distinguée lors de la dernière édition des Jeunes Font Leurs Courts – et L’Expérience Vanya, retour cinématographique sur la master-class initiée l’an passé par Jean-Baptiste Marcenac. Soutenus par les institutions et de nombreux partenaires locaux, jouissant de la convivialité du village et d’un toast porté aux vignobles alentours, tout ceci doit participer à renforcer l'identité commune de Cinédélices… qui souhaite être bien davantage que l’émanation exclusive d’une association de cinéphiles passionnés.

Mais la nécessité d’une terre nourricière ne dispense pas d’oxygène ! En plus de notre parrain, Romain Cogitore, Sophie Dulac, si précieuse pour nous, présentera Deux, et Sébastien Betbeder accompagnera son film, Debout sur la montagne. Tous apporteront leur vitalité sur le Festival, leur ouverture qui fait qu’aujourd’hui encore Cahors peut se revendiquer ville mondiale: bien plus qu’une utopie.

 

LES MOTS DU PRESIDENT

Dans Le Premier cercle de Soljenitsyne, deux prisonniers débattent du bonheur à propos du Faust de Goethe. En vendant son âme au diable, Faust a trouvé la jeunesse, la beauté, l’amour, la fortune, la connaissance et la puissance. Cela devrait le combler. Mais il ne voit pas son bonheur, et tarde à prononcer la phrase fatidique qui permettrait au diable de prendre possession de son âme : « O instant, arrête-toi ! Tu es si beau. »

Le premier débatteur déduit de cette phrase que Goethe compose « un hymne au bonheur », au pouvoir de goûter l’instant présent, même dans le contexte difficile du goulag. L’autre estime que le temps mis par Faust pour comprendre qu’il est heureux, exprime « une raillerie », que le poète se rit « d’une chose qui n’existe pas », « hors d’atteinte », car l’être humain ne se satisfait jamais du présent.

Bien des films de la programmation s’inscrivent dans ce débat ! Soit parce que le bonheur semble ailleurs, ou dans le futur, dans le passé, soit parce que le bonheur y demeure une réalité instable, incertaine, à défendre, conquérir ou constamment recréer…

Il est certain néanmoins qu’aller au cinéma, vivre un festival sont des instants plaisants, heureux. Il y a longtemps que le diable ne rôde plus à Cahors. Alors j’espère que, comme Faust, mais sans craindre de perdre notre âme, nous dirons de Cinédélices : « O instant, arrête-toi ! Tu es si beau. » 

Bertrand Serin
Président de Ciné+

Cahors Mundi à Cinédélices.

Citoyens du monde ! Voilà qui réveille en nous une utopie cadurcienne… et mondiale, forcément. En 1949, dans un grand élan pacifiste, Cahors se déclarait « ville du monde », notamment à l’initiative d’un pilote américain, Garry Davis, qui renonçait alors à sa nationalité et du prix Nobel de la paix, Lord Boyd Orr. Les horreurs de la guerre faisaient naître en eux le rêve de l’abolition des frontières et de l’avènement d’un gouvernement mondial. Ils s’estimaient « citoyens du monde ».

<L’année suivante était inaugurée la « route mondiale ». C’est ce qui a amené André Breton dans le Lot et ses amis à sa suite, Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Juliette Greco, Léo Ferré, Max Ernst, Queneau, Benjamin Péret puis bien d’autres personnalités : Camus, Einstein, Bertrand Russel. Orson Welles lui-même viendra en 1953 se joindre au mouvement.

<À l’heure où Cahors commémore les 70 ans de cette Charte de la mondialisation, il paraissait évident que Ciné+ et Cahors Mundi s’associent à la projection de It Must Be Heaven, Take Me Somewhere Nice et Atlantique. Peut-être pour faire plus que se souvenir d’une utopie, plutôt pour agir au nom d’une utopie. Palestiniens ou Cadurciens, Albanais ou Cadurciens, Ivoiriens ou Cadurciens… ne sommes-nous pas tous « Citoyens du Monde » ?

 

  LE CALENDRIER

 

Le Village Cinédélices dans les jardins à côté du cinéma

MARDI 1er OCTOBRE 
Soirée d’ouverture du village

 à partir de 18H00,
1 boisson et 1 tartine offertes à chaque spectateur
sur présentation du ticket de cinéma
d’un des deux films

Ouverture 17h30 dès 13h00 le dimanche
Buvette – petite restauration

Quelle chance de pouvoir disposer à nouveau d’un lieu qui a enchanté tous les cinéphiles l’an passé ! Le soleil lui-même voudra y revenir, c’est certain !


 

Soirée d'inauguration du festival

MERCREDI 2 OCTOBRE - 18h30
CAHORS MALBEC LOUNGE
Soirée d'inauguration du festival

Cocktail préparé par David Blanco,
chef cuisinier de Côté Sud
Accompagnement musical :
Musiques de films interprétées par
L’Harmonie du Grand Cahors.
Direction & arrangements de Gilles Thibault.

Entrée payante : 5 euros (avec dégustation de vin)
Vin issu du domaine du Château Le Cèdre,
présenté par Pascal Verhaeghe.
Pour le cocktail dînatoire : 15 euros.
Réservation obligatoire au 05 65 23 82 35
ou contact@cahorsmalbeclounge.com

 

 

 

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C'était en 2018...

 

L'innauguration

Le village dans le jardin

Les Masterclass

Allons dîner au cinéma